La reconciliation selon R; Ghannouchi
Yahyaoui Mokhtar -
vendredi, 25 mai 2007- Le Dr Hamdi c’est illustré depuis quelques semaines par le débat passionné qu’il a cherché à alimenter avec les appartenants à son ancien mouvement et les islamistes tunisiens en général<!--[if !supportFootnotes]-->[1]<!--[endif]-->.
Il a présenté son action comme une initiative de bonne volonté de recherche de concorde « Mousalha » entre les islamistes et le pouvoir pour mettre fin à un différend de vingt ans maintenant à l’occasion du vingtième anniversaire de l’accession du président Ben Ali au pouvoir qui intervient en novembre 2007.
Le Dr Hamdi été lui-même condamné à 20 ans de prison par contumace suite à la vague de répression qu’a connu le pays au début de l’ère du président Ben Ali. Il avait auparavant régularisé sa propre situation suite à une conversation téléphonique avec ce dernier qui l’aurait invité à rentrer au pays ou il l’a rencontré directement et abordé avec lui le sujet de régularisation de la situation des islamistes victime de sa répression à l’occasion du 10ème anniversaire de son accession au pouvoir en 1997. Cette rencontre aurait permis l’élargissement de 700 détenus politiques<!--[if !supportFootnotes]-->[2]<!--[endif]-->.
Avec sa nouvelle initiative, dix ans après, le Dr H. Hamdi revient à un discours classique dans la pure tradition politique arabo-islamique connu sou le nom des « Ethiques sultanesques السلطانية الآداب » marquant par là un autre aspect du renouveau du syndrome beylical que j’ai abordé dans un précèdent texte<!--[if !supportFootnotes]-->[3]<!--[endif]-->.
L’école des éthiques sultanesque initiée depuis Ibn el Mukaffaa (758) et développée par Elmawardi (1058) a constituée la doctrine qui justifiait la tyrannie par son aptitude à éviter le désordre et la guerre civile « al Fitna ». fondée sur la considération de sa faculté à réaliser l’un des principaux objectifs de la chariàa à savoir le maintien de l’unité de l’Oumma (Nation Islamique).
Un principe tenu du point de vue religieux supérieur à celui de l’équité, de la justice et de la liberté. « Un puissant tyran vaut mieux qu’une guerre civile sans fin »<!--[if !supportFootnotes]-->[4]<!--[endif]-->. Cette doctrine consacre en fait le rôle d’appoint joué par les théologiens « foukahas » dans le maintient de l’assise des despotes.
Une contribution nécessaire à répandre l’idée que tout critique adressée au pouvoir est un acte d’insolence transgressant le devoir de subordination due au monarque en vertu de la baiaa (Investiture) dont chaque musulman est tenu. Une doctrine qui constitue jusqu'à présent le fondement du pouvoir absolu et la cause de la dégradation de nos pays.
Ce discours des fonds des moyens ages que Hachmi Hamdi fait ressusciter n’est pas différent ni par sa morale patriarcale ni par son aspect prédicateur argumentant son contenu par des citations puisés directement dans le coran. Il s’inscrit frontalement à défaut de celui développé par les courants de la renaissance arabe initié il y a presque deux siècles passés et bien avant par les critiques d’Ibn Khaldoun et Ibn Rochd (Avérros) à cette école de pensée.
Le projet de concorde nationale « Mousalaha » tel que présenté et défendu par H Hamdi cette fois demande en contre partie un moratoire de deux ans à toute critique ou commentaire sur l’action du pouvoir sauf à mettre en valeur les acquis accomplis par le président Ben Ali d’une part et l’abondant par les islamistes de toute revendication d’un parti ou d’un projet politique distinct, les invitant à se contenter d’une association à caractère religieux et à participer à la politique par l’adhésion aux partis déjà reconnu dont l’RCD.
Cet appel à la « soumission volontaire » comme il peut apparaître à première vue puisque dépourvu de contre partie égale aux concession exigée. En effet seuls (57) prisonniers politiques appartenant au mouvement Ennahdha demeurent encore en prison depuis plus de 15 ans et constituent aujourd’hui plus une charge qu’un atout aux mains du pouvoir.
La proposition de la levé des mesures de contrôle administratif dont sont soumis encore certains anciens prisonniers ainsi que l’abolition du fameux circulaire 108 prohibant le port du Hijab ou la régularisation de la situation des exilées dont les poursuites les concernant sont déjà prescrites par la loi ne peuvent pas être tenu pour des concessions si le projet politique les justifiant est abandonné.
Le projet ainsi présenté n’a pas rencontré l’enthousiasme escompté, les structures officielles du mouvement l’ont tout simplement ignoré. A défaut d’obtenir l’adhésion escomptée il a tenté la division du mouvement en allant jusqu'à rédiger le message qu’il propose d’envoyer au président Ben Ali. Il demandait seulement cent signatures pour passer outre un mouvement qui a donnée plus de trente milles prisonniers politique pour s’opposer à la politique du pouvoir en plus de 20 ans de lutte face à la répression par des milliers d’exilés et des centaines de millier de persécutés.
En réalité si l’aspect apparent du projet est insensé « Une humiliante reddition sans véritable contrepartie ». Il serait d’autant plus naïf de penser qu’un homme de l’expérience, de l’érudition et de la connaissance de la situation comme le Dr Hachmi El Hamdi peut s’inscrire dans une telle initiative si on l’a réduit ainsi à son schéma déclaré jusqu'à présent. L’entreprise ne cherche pas en fait à dépasser la confrontation des islamistes avec le pouvoir, elle à une plus grande ambitions : les associer directement au pouvoir en les intégrant au sein de l’RCD.
Dans l’histoire moderne de notre pays nous avons aujourd’hui une tradition bien établie dans les retournements de situations dont est capable le régime totalitaire établi depuis l’indépendance dans notre pays pour expliquer le secret de sa longévité.
Du collectivisme de Ben Saleh au libéralisme de Hédi Nuira et du pro occidentalisme de ce dernier au panarabisme de Mohamed Mzali, somme nous en passe de passer d’une laïcité acerbe à un islamisme modéré.
Le maintient du pouvoir est le seul constant qui n’a jamais changé dans la politique de la Tunisie depuis qu’elle est indépendante. Si le maintient est à ce prix pourquoi écarter un scénario dont on est habituer. Pour le RCD il ne s’agirait que d’un simple changement de concessionnaire du panneau de la marque déposée.
En politique comme disait le Pr. Rached Gahannouchi « il n’est point question de sentiments ou de concessions mais d’un rapport de force qui la conduit »<!--[if !supportFootnotes]-->[5]<!--[endif]-->. Ce rapport de force précisément est aujourd’hui à un point tel que seul un compromis d’opportunisme avec les islamistes est capable de prolonger la vie de l’ère du président ben Ali et de la dictature en Tunisie.
Si l’entrisme de gauche a condamné notre pays à la situation dont elle se trouve aujourd’hui, il serait temps aux islamistes d’être averti pour ne pas succomber à la tentation du pouvoir au prix de l’avenir de notre pays.
L’intérêt serait donc que le débat politique soit mené dans la transparence et la clarté pour nous conduire en démocratie. Ce retour proposé aux éthiques sultanesques ne nous empêcherait pas seulement de parler du dépouillement de notre pays et de la justice à deux niveaux qui est pratiquée, il nous condamne à la servitude à perpétuité.
La véritable question qu’on pouvait aujourd’hui se poser face au retour de ce genre de discours est de savoir quel est le plus dangereux le retour à la servitude des moyens age des autocraties au pouvoir absolu ou le combat politique loyal dans une démocratie entre des courants différents qui ne partageraient pas la même vision.
Il serait aussi plus pertinent de formuler la question d’une façon autrement plus pertinente et plus adaptée au contradictions de nos réalités : Pourquoi certaines organisations seraient considérée comme des acquis nationaux alors que d’autres ne le serait pas ?
Pourquoi ceux dont la base ne dépassait pas quelques dizaines ou centaines d’individus sont érigée au statut d’un tel acquis alors que d’autres dont la base se chiffrait par dizaines et centaines de milliers ne le serait pas ?
C’est peut être là l’un des écueil qui mettent à défaut tout notre discours sur la démocratie et la modernisation politique de notre pays. Sommes nous vraiment prêt à accepter les produits de l’auto organisation de notre société dans leurs différences et leur diversité.
Car avec Ennahdha ou pas on pouvait n’être capable, à l’image de Bourguiba et ben Ali, d’accepter que les partis et les organisations qui nous sont soumis si l’autorité est de notre coté.
Yahyaoui Mokhtar -