La Tunisie souffre des prisonniers politiques qui restent

Publié le par BOUCHADEKH Abdessalem

 

La Tunisie souffre de ses prisonniers politiques en instance de libération

 

La libération des prisonniers politiques est un pas positif

dans le bon sens de l'assainissement du climat dans le pays

 

Pour une Tunisie Sans Violence

 

La Voie de la Réconciliation Nationale est irréversible

 

Noisy-Le-Grand, le 26 Juillet 2007

 

 

 

Signé : BOUCHADEKH Abdessalem

 

 

 

 

 

 

Les dernières élections du Conseil de l’Ordre des Avocats et de la section de Tunis, qui ont consacré la victoire de Béchir Essid, qui revient au Bâtonnat, et celle d’Abderrazak Kilani, élu président de la section de la Capitale, ont polarisé d’attention de la classe politique et de la société civile et suscité des réactions et des analyses dont les considérations politiques et idéologiques n’étaient pas absentes.

 

Ce 25 juillet 2007, une quarantaine  de prisonniers politiques ont bénéficié d'une libération conditionnelle, dont la liste n’est pas communiquée. "Nous espérons que cela (la grâce) sera suivi par d'autres mesures", a déclaré par téléphone Ali Larayedh, qui s'exprime au nom de En-Nahda.

 

D'après les associations de défense des droits de l'homme, quelque 270 personnes seraient toujours détenues en Tunisie en raison de leurs opinions religieuses ou politiques. La plupart seraient membres du parti islamiste

 

Parmi ces prisonniers libérés, nous tenons à féliciter Me Mohamed Abbou et l'ensemble des prisonniers graciés, ainsi que leurs familles et rappelons que des centaines de prisonniers politiques attendent encore en prison dans des conditions difficiles, depuis plus de 17 années pour certains. 

 

 

 

Sans oublier, les autres prisonniers politiques restants encore dans les prisons tunisiennes dans des conditions difficiles dont nous citons à titre d’exemple, MM. Abdelkarim Harouni, en grève de la faim, Lotfi Snoussi, Ridha Boukadi et le Dr Sadok Chourou..

 

 

 

Selon des sources digne de foi, les prisonniers libérés sont 10 de la Prison de Mornaguiya, 2 de la Prison de Borj El Amri, 1 prisonnier libéré de la Prison de Sfax, 1 prisonnier libéré de la Prison de Kasserine, 1 prisonnier libéré de la Prison du Kef, 3 prisonniers libéré de la Prison de Nadhour et 3 3 prisonniers libéré de la Prison de Borg Er-Roumi, et dont les noms cités sont:

 

Fraj Jami, Ali Zouaghi, Sahbi Atig, Daniel Zarrouk, Ridha Saïdi, Halim Kacem, Samir Ben Tili, Mohamed Gueloui, Fathi Issaoui, Dr Ahmed Labiedh, Maher Khalsi, Taoufik Zaydi, Ajmi Lourimi, Mnaouar Nasri, Issa Amri, Noureddine Amdouni, Noureddine Guendouz, Mongi Khalsi, Jalel Kalboussi, Kamel Besbes, Mohamed Bouazza 

 

Nombreux sont, parmi eux, souffrent de maladies faisant suite aux conditions carcérales et d'absence du suivi et de l'encadrement sanitaires adéquats.

 

 

 

Parmi les prisonniers libérés, nous citons, l'économiste Abdelhalim Kacem, incarcéré depuis 1991 et condamné à perpétuité, libéré. Après des études brillantes, ce Hammam-Lifois intègre le prestigieux Institut national d'Economie quantitative où il fait une carrière célèbre, avant son incarcération. Il a été victime d'un excès de gentillesse et de serviabilité, pour ne pas dire de naïveté. Il avait rendu service à des individus qui ont trahi sa confiance en hébergeant des fugitifs et en stockant des explosifs, à son insu, dans une villa qu'il construisait à l'époque à la Cité El Mourouj dans la banlieue sud de Tunis.

 

 

 

Le Docteur Ahmed Labiedh est libéré. Originaire de Zériba à Zaghouan, ce médecin de santé publique, qui a longtemps travaillé dans les quartiers déshérités de la périphérie de la capitale, est aussi conférencier et écrivain.

 

 

 

Le théologien Daniel Zarrouq est libéré. Ce dernier a mobilisé l'opinion suite à la publication d'un rapport de l'organisation Human Rights Watch, cité par la chaîne d'information Al-Jazeera TV, ainsi que des témoignages de son épouse, Samira Ben Youssef épouse Zarrouq.

 

 

 

Le syndicaliste Mohamed Gueloui serait aussi libéré. Ainsi que les prisonniers politiques: Sahbi Atig, Ridha Saidi, Farid Issaoui, Fraj Jami, Taoufik Zayer, Noureddine Guendouz, Jalel Kalboussi et Mohamed Kamel Besbes.

 

 

 

Des rumeurs courent encore au sujet d'autres libérations, mais aucune confirmation auprès des familles, pour cette grâce présidentielle du cinquantenaire de la République. D’autres rumeurs sur la libération probable du prisonnier politique Bouraoui Makhlouf, restent à confirmer. 

 

 

 

Selon le président de l'Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP/non reconnue), M° Mohamed Nouri, la liste provisoire des détenus libérés compte jusqu'à présent 22 personnes et pourrait atteindre une trentaine de graciés. Parmi eux, figurent plusieurs dirigeants condamnés en 1991 à la prison à perpétuité.

 

 

 

Il a cité notamment Noureddine Amdouni, Lourimi Ajmi, Bouraoui Makhlouf, Halim Kacem, Samir Ben Tlili, Sahbi Atig et Mohamed El Gueloui. D'après M° Mohamed Nouri, leurs peines avaient été cependant réduites lors de procès en appel. Accusés d'avoir tenté de «changer le régime par la force», un grand nombre de dirigeants et membres d'En-Nahdha avaient été condamnés en 1991 à de lourdes peines de prison.

 

D'après M° Mohamed Nouri, 57 membres du mouvement étaient encore détenus avant cette mesure de grâce, qu'il a qualifiée de «pas positif qui va dans le sens de l'assainissement du climat dans le pays». «Nous aurions souhaité que tous soient libérés et qu'on ferme ce dossier une fois pour toutes», a déclaré M° Mohamed Nouri, à l'Associated Press, en espérant que les détenus toujours emprisonnés seront libérés d'ici le 7 novembre, qui marquera le 20e anniversaire de l'accession de l'actuel président au pouvoir.

 

Une autre figure de l'opposition, l'avocat dissident Mohamed Abbou, a bénéficié d'une «libération conditionnelle». Il avait été condamné en 2005 à trois et demi de prison pour «agression« d'une consoeur et «diffamation de l'institution judiciaire», après la publication sur Internet d'articles dans lesquels il comparait la situation dans les prisons tunisiennes à celle qui prévalait à Abou Ghraïb en Irak, où les détenus subissaient des sévices de la part de membres de l'encadrement américain.

 

Son cas aurait été évoqué par Nicolas Sarkozy dans ses entretiens avec le président Ben Ali, lors de sa dernière visite du chef d'État français au mois  juillet 2007 en Tunisie, ainsi que le département d'État américain avait demandé sa libération.

 

La transition démocratique en Tunisie et la sortie des Tunisiens de l’état de sujets passifs, présentés comme des admirateurs reconnaissants à leur maître est possible. L’offre politique, avec la libération de ceux qui restent des prisonniers politiques, et qui permet la mise en œuvre, est en mouvement. Notre action et notre avenir peut prendre un sens. Nous devons devenir tous utiles à notre pays sans exclusion.

 

Si la Tunisie souffre aujourd’hui, ce n’est point par insuffisance de moyens : des ressources non négligeables sont consacrées aux secteurs sociaux ; des subventions et des incitations financières et fiscales généreuses sont accordées en faveur de l’investissement et de la création d’emploi.

 

Si la Tunisie souffre, c’est, par insuffisance de « gouvernance ». Comme le souligne la Banque mondiale « une absence de transparence et de prévisibilité », une « absence d’une structure gouvernementale encourageant l’équilibre des pouvoirs et la responsabilisation ».

 

En d’autres termes, une confusion des pouvoirs et leur concentration, une administration sous forte influence RCD ; sous pressions émanant de personnages très influents ; un enrichissement sans précédent se déroulant sous nos yeux et une administration soumise à un processus de plus en plus descendant, démunie de capacité d’initiative, incapable de tracer des perspectives d’avenir pour le pays.

 

La Tunisie est confrontée à une situation inédite, un peuple victime d’un pouvoir sécuritaire et autoritaire, un Mouvement d’avant-garde dont ses membres sont victime d’une direction en exil, loin des aspirations de ses membres, loin de la réalité, dont les institutions sont nommés pour un tiers. Arrêter de se regarder le nombril et passons à une vitesse supérieure pour la mise en place de la démocratie.  

 

La parole de Dieu dans le Saint Coran dit:([1][5]) «Et pourtant, ils s’étaient engagés, auparavant, devant Dieu à ne pas battre en retraite devant l’ennemi. Or, il est toujours rendu compte de tout pacte conclu avec le Seigneur.»

 

«Dis-leur:: La fuite ne vous servira à rien, si vous fuyez pour ne pas mourir ou pour ne pas être tués au combat, car, de toute manière, vous ne jouirez que peu de temps de la vie»  «Dis-leur aussi:  Qui peut aller contre la volonté de Dieu s’il veut vous accabler d’un malheur ou s’il veut vous gratifier d’une faveur? Aussi ne trouveront-ils en dehors de Dieu ni allié ni protecteur»

 

Les reproches faites à l’opposition officielle, c’est le fait de faire peu de cas de l’intérêt supérieur de la nation qui représente l’action efficace pour la République à laquelle nous sommes attachée. Ce reproche est destiné aux mêmes figures qui parlent au nom de l’opposition qui sont les auteurs de l’échec continu qui ne peut-être payé par l’opinion public qui ne l’ont pas mandaté pour porter leurs espoirs.

 

Pour pouvoir peser sur le cours des choses publiques, il faut s’engager aux côtés des petits gens, il de la responsabilité de chacun de s’engager davantage pour soutenir ceux qui par leurs actes font la différence par leurs efforts vers les aspirations démocratiques vers la dignité et la liberté.

 

Les reproches faites à l’opposition officielle, c’est le fait de perpétuer le culte du chef, à la différence du RCD, dont le culte du chef  n’est pas distillé sous la menace d’une armée de policiers.

 

En outre, le fait que les « instances dirigeantes » de l’opposition démocratique soit effectivement des cercles quasi fermés, c’est peut-être parce qu’elles sont autant verrouillées de l’extérieur par notre manque d’intérêt que du fait de leurs propres dirigeants, il y a un autre déchirement dont on ne parle presque jamais et qui paralyse autant les évolutions souhaitées. Ne vient-il pas à l’esprit de beaucoup que le délitement de la scène politique tunisienne est également dû à l’attitude de nous tous plutôt qu’à certains leaders auto-proclamés ?

 

Il est temps d’autoriser le retour de l’Union Générale Tunisienne des Etudiants (UGTE),et son dernier Secrétaire Général Najmeddine Hamrouni ,(réfugié en France) dans le cadre de la liberté d’organisation plurielle Estudiantine dont tout citoyen Tunisien a Droit..

 

Il est temps d’autoriser Hammadi Jebali, directeur de l’hebdomadaire «Al-Fajr» à la parution de son journal avec pour équipe de rédaction le journaliste Abdallah Zouari, Zied Doulatni, Moncef ben Salem et Ali Laaryedh, dans le cadre de la liberté d’expression dont tout citoyen Tunisien a Droit..

 

Nous rappelons notre attachement au Droit de circulation pour tout citoyen dont son président est frappé par la confiscation de son passeport par les autorités tunisiennes depuis le 19 Mai 1990, et la lutte contre les préjugés politiques ou idéologiques, et par l’acceptation de l’autre avec ses différences et lui donner sa place dans la société, dans le respect des valeurs identitaires et républicaines.

 

Nous rappelons que La Réconciliation Nationale pour laquelle nous nous battons ne peut se faire sans la libération de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés qui le désirent pour regagner leurs foyer familial. Une Réconciliation n’est pas une trêve ou un armistice entre deux camps, fatigués de se guerroyer, mais plutôt l’aboutissement d’un cheminement intellectuel et politique des protagonistes, concluant à la nécessité de faire la paix.  

 

Nous, nous nous battons pour gagner, on se bat pas contre quelqu’un, on ne bat pas contre quelque chose, on se bat pour la Tunisie et pour tous les Citoyens Tunisiens avec leur diversité. On se bat contre l’exclusion et pour la diversité. Le monde a changé, la Tunisie est en train de bouger, alors la politique doit changer. Je veux non seulement appeler à ce changement profond mais le construire avec tous les Tunisiens. qui le souhaitent 

 

En prétendant faire le bonheur des peuples malgré eux, on a abouti avec le temps au régime d’une caste contre le peuple lui-même. Tel est le résultat de la gestion du pays par le parti  au pouvoir depuis un demi-siecle sans partage en Tunisie.

 

Ce parti n’a jamais pût se transformer dans la pratique, même s’il a changé de dénomination, mais avec les mêmes personnes qui n’acceptent pas la confrontation des idées avec l’acceptation d’une alternance éventuelle et qui préfère la confrontation par la répression, la matraque, la torture, la censure et l’exclusion. Il est temps de voir choses en face et en tirer les conclusions.

 

On ne sauvera pas les meubles de ce passé qui doit être sévèrement condamné. Ceux qui se réclament des valeurs fondamentales de l’humanité en général et de la Tunisie en particulier, ces idéaux de l’Islam, de l’Arabité, du Progrès Social, de la Démocratie, de la Modernité et de libération de l’Homme, doivent, à mon avis se poser en rupture avec ce qui est de l’esprit du Parti Unique.

 

Dans un Etat de droit, l’électeur Citoyen, par son vote tranche par ses choix entre les familles politiques, Une justice Libre et impartiale tranche les  différents entre les partis politiques et sanctionne tout abus de pouvoir de la part de l’Administration

 

Le Pouvoir politique en place doit agir en se fondant sur la compréhension mutuelle entre les familles politiques dans la tolérance et le respect pour les autres sans pour autant admettre le totalitarisme de tout bord. Il faut s’accepter les uns et les autres dans le respect de la différence.

 

Il faut veiller à créer un nouveau modèle d’ordre social permettant un Etat idéal où l’Etat soit au service du peuple tout entier et non à une fraction de ce peuple représentée par un parti quel qu’il soit. C’est l’Homme Tunisien, qui changera grâce aux changements qu’il pourra lui-même susciter. Enfin, notre problème, en Tunisie, est de préciser à partir de notre culture, notre identité et nos traditions, les réponses à donner aux nouveaux défis qui nous sont imposés.

 

Enfin, et en admettant qu’effectivement une poignée de personnes auto-proclamées paralysent en permanence les tentatives de rassemblement par crainte de voir se réduire la sphère de leurs influences et privilèges ; mais alors dans ce cas, comment sommes-nous arrivés à cet état de résignation face à l’insupportable ?

 

Comment en effet accepter le fait qu’une poignée d’individus puisse être en mesure de paralyser ce qui de plus en plus semble être une volonté commune de l’opinion publique vers un front uni contre la dictature ? Et ce qui est insupportable, ne provient pas tant des actes de cette poignée de personnes qui paralyse tout rassemblement, mais du simple fait qu’une telle chose soit possible...

 

Mais il reste néanmoins un terrain que la dictature n’a jamais réussi à bâillonner, les supports électroniques. Or, sur ce terrain rien ne peut justifier le divorce avéré entre la classe politique et l’opinion publique qui s’y exprime. Il n’est pas étonnant d’aboutir à une opposition « démocratique » qui ne représente plus rien d’autres que ses dirigeants et une opinion publique qui excelle dans la cacophonie.

 

Exiger la libération de tous les prisonniers politiques, et la constitution d’un front uni pour une alternance institutionnelle relèvent de l’intérêt supérieur de la Nation.

 

Société au service de l’Homme

 

Ceci nous mène à la société qu’on veut bâtir, cette société doit se bâtir autour du citoyen. L’Homme, le citoyen, autour de l’Homme et u service de l’Homme qui doit être au cœur de tout projet pour la Tunisie de demain qui dépend d’une volonté politique. Aucun changement n(est possible, sans un changement de nos comportements, vis à vis de nous mêmes et des autres.

 

Il est temps de tirer les leçons des sociétés antérieures, on doit accepter de perdre une bataille, mais la guerre pour les Libertés et la Démocratie pour tous sans exclusion continu. Sans désertion, il faut rester implanté sur le sol Tunisien quel que soit le prix.

 

        

 

                                            Paris, le 26 Juillet 2007

 

Signé : Abdessalem BOUCHADEKH

 

A bientôt sur blog http://democratiemaintenant.over-blog.net



[1][5] - (Sourat Les Coalisés «Al-Ahzâb»N° 33 Versets 15 à 17)

 

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Publié dans democratiemaintenant

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