L'Avenir de la Tunisie depend d'elle meme
L’avenir de la Tunisie dépend principalement d’elle-même !
Nour El Houda
L'action politique pour être crédible, doit absolument être cohérente et donc prendre en compte le réel sans feintes ni maquillage, ni fard. Elle doit s'inscrire dans une vision d'ensemble et se projeter dans la réforme et la restructuration des lieues agressés et la plus par du temps détruit par le système totalitaire, ce système honni imposé au pays depuis des lustres par une dictature barbare.
Remise en état des infrastructures et des êtres, dans la continuité des idées émises et plébiscitées tout au long de la période oppositionnelle, remise en état pleine d'humilité et de lucidité, en prenant en compte les facteurs naturels et conjoncturels, physiques et psychologiques, historiques et culturels du pays, et ne pas se borner à gérer les crises au jour le jour.
Agir politiquement aujourd'hui pour le bloc démocratique en situation d'échec, oui nous sommes en situation d'échec et ce n'est pas une honte majeure de la reconnaître, tout est de notre propre faute, l'essentiel c'est de ne pas lâcher prise et de ne pas abandonner:
Ma peau au bout de mes idées doit être le sacerdoce, sous la botte terrifiante de BEN ALI, agir en politique, suppose la gestion du quotidien du pays en s’opposant , en dénonçant et en luttant d’une manière moderne contre toutes les dérives et les mensonges du système, comme d'ailleurs plus tard dans l'édification de la Tunisie démocratique, et tout dans la transparence, le dialogue, la tolérance et la fraternité.
Ne pas renoncer et faire la part des choses, car le propre de l'action civique et démocratique, c'est d'agir en connaissance de cause, c'est faire en sorte que l'action soit le prolongement naturel d'une légitimation sur le tunisien et la Tunisie , c'est donner un sens à la liberté des tunisiens pour permettre l'accomplissement d'une volonté de destin commun, sachez le mes bons amis et je ne me lasserais jamais de vous le dire, sans les tunisiens rien ne sera possible, à vous et à nous tous de combler le fossé énorme qui nous sépare d'eux, cela doit être notre priorité et même notre raison d'être, car c'est bien là que tout s'est joué pour nous et le sceau de notre échec, c'est notre unique place forte désormais à conquérir et définir, ainsi une bonne fois pour toute, la défaite de la dictature se fera seulement par la confiance, les convictions et la mobilisation totale des TUNISIENS. Et c’est seulement à ce moment là que nous pourrons parler du possible crépuscule de cette dictature absurde qui nous détruit.
Le politique est une vision, qui requiert une exigence philosophique et morale en général et plus encore dans le cas tunisien, nous oblige à une réflexion sur la nation tunisienne dans son ensemble.
Etre opposant politique tunisien au régime, c’est absolument relever les défis du présent et de l'avenir, c’est exiger que l'on soit capable de voir loin dans le temps et dans l'espace, c’est l'initiative et le mouvement, les principes et l'éthique, c'est avoir une vue synoptique des choses, cela coule de sagesse. C'est à cette seule condition que l'opposant politique tunisien digne de ce nom sera en mesure d'établir un diagnostic correct de la situation, d'en tirer les conséquences qui s'imposent et donc de définir des orientations réalistes, pragmatiques, cohérentes et surtout justes.
L'homme politique intègre est un donneur de sens. Tout ne vaut pas tout, les hommes ne sont pas des numéros interchangeables, oublier ces principes de base, c’est choisir l’enfermement de la déroute et l’attentisme. Différents entre eux comme le sont les peuples anciens, ayant une grande histoire et une civilisation millénaire, les tunisiens ne peuvent accomplir leur devenir historial qu'en retrouvant et transcendant leurs racines, et cette démarche à l'évidence doit être dans le projet de l'intellectuel et du politique tunisien qui prétend à la conscience et au dévouement.
Oublier cette règle fondamentale de la sociologie et de la politique aboutit à rompre avec le réel, à entrer dans de dangereuses utopies et donc entrer dans une sanglante logique d'échec, nous devons absolument tirer les leçons de notre histoire, du vécu des oppositions tunisiennes et ce depuis l'indépendance, certaines choses sont différentes en Tunisie d’aujourd’hui mais le fond ainsi que les attentes et les revendications restent les mêmes.
Car, comme disait IBN KHALDOUN, "on comprend surtout ce que l'on est prédestiné à comprendre par sa propre vocation, par sa propre orientation culturelle et celle du moment historique auquel on appartient", cette réflexion, cette pensée profonde n’a pas pris une ride dans le cas tunisien entre autres, un cas suspendu à ses tares qui à force sont devenus ses immuables vérités, l’habitude anesthésie l’ambiance, l’atmosphère et plus grave que tout l’état d’esprit général, pour nous en sortir et nous immuniser de cette maladie, il nous faudra beaucoup d’humilité et d’audace, beaucoup de sacrifices , de courage et de rigueur, sans quoi rien de définitif et de beau ne sera possible pour notre pays.
Un peuple libre, une terre retrouvée, une justice et des institutions fortes, un pluralisme une société civile et une constitution pérennes, sans ces éléments il ne peut y avoir accomplissement d'une destinée commune pour les tunisiens, il ne peut y avoir de devenir humain pour la Tunisie.
Notre devenir ne s'accomplira aussi que si nous sommes capables d'assumer notre héritage, de le prendre en compte dans sa globalité, en renouant avec notre plus ancienne mémoire, avec notre propre manière d'être au- monde, et que nous la prolongions d'une façon civilisée et juste.
Seule la dimension transcendante et verticale du devenir nous permettra d'inscrire dans le présent les germes de notre avenir, cela aussi doit s'inscrire dans la stratégie du bloc démocratique tunisien, car dans sa projection elle signifiera le refus du reniement et du renoncement, de l'arbitraire et des compromissions, devenir ce que nous sommes comme les peuples civilisés, c'est une exigence de vie. la mobilisation politique en Tunisie sera avant tout endogène. C'est-à-dire, elle sera malgré tous les calculs, l’affaire du peuple tunisien, c’est lui seul qui doit être le moteur et l’artisan de son propre engagement et libération.
-la cohérence et le rassemblement sont la condition sine qua non pour asseoir tout projet de démocratisation. La justice et la sécurité sont des préalables absolus pour assurer le progrès économique par la suite et même en période de transition nécessaire techniquement pour la remise en ordre de fonctionnement de l'administration et de l'état, l'opposition tunisienne dispose d'assez de potentialités et d'excellence pour ce faire.
-la démocratie et le respect des droits de l’homme seront des nécessités absolues de même que la transparence dans la gestion des affaires publiques, et la lutte contre la corruption. Cela suppose, un Etat de droit, une justice forte et indépendante au sens que lui donnait Montesquieu, un pluralisme politique, la liberté syndicale et de la presse, une société civile active, qui soit en même une force de proposition et d’action.
Le développement économique doit donc être pensé en imbrication étroite avec le processus de consolidation des droits de l’homme, de renforcement progressif de la démocratie.
L’avenir de la Tunisie dépend principalement d’elle-même. Mais elle est dans une situation si difficile qu’elle ne peut s’en sortir seule, le monde est devenu un petit village et l'environnement immédiat ou lointain de la Tunisie sera à prendre absolument en considération.
Nous aurons besoin de l'aide de tous les peuples de bonne volonté mais nous devons par respect pour notre pays, nos morts et nous même être exigeant à propos de cette aide qui devra débloquer le plein usage de nos propres forces et énergies plutôt qu’une aide qui cherche à nous façonner selon son modèle, car il ne faut jamais oublier que nous sommes le fruit d'une civilisation et d'une histoire qui a tant donné à l'humanité.(Source : le blog Elkhadra, le 10 juin 2007)Lien : http://elkhadra.org/donnerunsensalaction.htm/