Bravo Le journaliste Anglais libéré à Gaza

Publié le par BOUCHADEKH Abdessalem

Gaza: le journaliste de la BBC Alan Johnston libéré

 

après 114 jours de détention

 

 

 

 

AFP - mercredi 4 juillet 2007, 21h55 - Le journaliste de la BBC Alan Johnston a été libéré mercredi à Gaza après 114 jours de captivité aux mains d'un groupe extrémiste palestinien, paraissant pâle et amaigri mais ravi de la fin heureuse de son calvaire. "C'est le moment le plus extraordinaire de ma vie", a lancé le journaliste britannique lors d'une conférence de presse au consulat britannique à Jérusalem, où il est arrivé quelques heures après sa libération unanimement saluée dans le monde.

 

Le soulagement est d'autant plus grand que de graves menaces pesaient sur la vie du captif, aux mains d'un groupe se faisant appeler "Armée de l'Islam" qui l'a enlevé le 12 mars alors qu'il rentrait à son domicile en voiture à Gaza, où il était le correspondant de la BBC depuis avril 2004.

 

Alan Johnston, 45 ans, qui détient le "record" de la plus longue détention à Gaza pour un étranger, a dit qu'il pourrait rester à Jérusalem deux ou trois jours avant de regagner la Grande-Bretagne, selon le porte-parole du consulat.

 

Sa libération a été obtenue par le puissant mouvement islamiste du Hamas, soucieux de montrer sa capacité à mettre fin à l'anarchie sécuritaire dans la bande de Gaza, territoire qu'il contrôle depuis le 15 juin. "J'étais comme enterré vivant, éloigné du monde et parfois c'était vraiment terrifiant", a-t-il confié sur un ton remarquablement détaché en relatant son calvaire.

Pâle, encore sous le choc, amaigri, les traits tirés, il a déclaré que pendant sa longue captivité, il n'avait pratiquement pas vu la lumière du soleil, vivant sous la menace constante d'être exécuté par ses ravisseurs, lié à un puissant clan armé palestinien de Gaza, les Doghmoush.

 

Ils avaient menacé en juin de l'"égorger tel un agneau" si des islamistes détenus en Grande-Bretagne et en Jordanie n'étaient pas libérés, et avaient diffusé des images vidéo de Johnston semblant porter une ceinture d'explosifs, menaçant de l'actionner si on tentait de le libérer par la force.

 

"J'étais entre les mains de gens très dangereux et imprévisibles. Je ne savais jamais comment ça se terminerait, j'ai pensé que j'avais cinquante chances sur cent de m'en tirer", a-t-il raconté. "Ils parlaient de me tuer et de me torturer".

"Sans les pressions vraiment fortes du Hamas (...) je serais encore dans cette pièce pour longtemps, très longtemps", a estimé Alan Johnston, affirmant qu'il n'avait cependant pas été torturé et avoir été nourri succinctement, surtout de pain.

 

Le journaliste, qui a été examiné par un médecin à Jérusalem, a pu échanger quelques mots au téléphone avec ses parents, Graham et Margaret, soulagés que leur "cauchemar" ait pris fin.

 

Le Hamas a visiblement réussi là où l'Autorité palestinienne dirigée par Mahmoud Abbas avait échoué. "Le gouvernement palestinien à Gaza est sérieux dans sa volonté d'imposer la sécurité et d'assurer la stabilité à l'intérieur de ce territoire. Nous voulons la sécurité également en Cisjordanie et à Jérusalem", a assuré Ismaïl Haniyeh, le Premier ministre issu du Hamas et limogé par M. Abbas.

 

M. Haniyeh, qui a offert à l'ex-otage un drapeau palestinien et une boîte sur laquelle était gravée la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem-est, a aussi exprimé l'espoir qu'un "bon accord qui permettra la libération de nos détenus" débouche sur la libération du soldat israélien Gilad Shalit. Ce dernier a été enlevé le 25 juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza par des groupes armés, dont la branche armée du Hamas et l'"Armée de l'Islam".

 

Le gouvernement israélien s'est félicité de la libération du journaliste et a réclamé celle du soldat. "En le gardant captif, le Hamas empêche la libération de prisonniers palestiniens", a-t-il dit en allusion à un possible échange de prisonniers.

 

M. Abbas a salué sa libération et l'Autorité palestinienne y a vu le signe d'une plus "grande urgence" à "dissoudre les milices armées (...) qui provoquent le chaos".

 

En soirée, le Premier ministre britannique Gordon Brown a téléphoné à M. Abbas "pour le remercier de tous les efforts déployés en vue de la libération de Alan Johnston", selon le porte-parole de la présidence Nabil Abou Roudeina.

 

Parlant de sa captivité, l'ex-otage a raconté que ce fut une "bataille pour ne pas perdre la tête". Un garde lunatique, amical un jour, capable de piquer de violentes colères le lendemain, représentait son seul contact humain. "On formait un couple dépareillé des plus étranges".

Avant l'aube mercredi, il a été jeté dans une voiture avant d'être remis à d'autres hommes en armes. Il ne savait pas ce qui se passait jusqu'à ce qu'il remarque un photographe au visage connu, puis un collègue. "C'était fini".

 

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Publié dans democratiemaintenant

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