L'Islam n'est pas une theocratie

Publié le par BOUCHADEKH Abdessalem

 

La citoyenneté- L’islam, n’est pas une théocratie

Bassem Khlaf    
khlafbassem@yahoo.fr

 

La laïcité est une hérésie. Les laïques sont des apostats. Les islamistes sont unanimes. Cette méthode n’est pas une nouveauté chez les idéologues de l’islam. Ils ont fait de même avec les nationalistes et la gauche. C’est la façon la plus rapide de chlore le débat.

 

Par contre, ce qui est inquiétant c’est les voix d’intellectuels de gauche, de plus en plus nombreux, qui appellent à abandonner cette valeur. « La laïcité est un concept français qui repose sur la séparation de l’église catholique administrée par un clergé ayant à sa tête un pape, alors qu’en islam rien de tel : ni autorité religieuse équivalente au pape et au clergé, ni église, si bien le concept de la laïcité se trouve étranger dans l’espace où nous vivons. » c’est l’avis de beaucoup d’intellectuels tunisiens même de gauche disait Ahmed Mohjer.

 

C’est plus exactement la position de Allal Fassi, figure historique du salafisme marocain, reprise par le philosophe Mohamed Abed Jabri. Le deuxième argument avancé par cette frange d’intellectuels est plutôt politique.

 

Ils prétendent, que notre principal ennemi, aujourd’hui est le despotisme, la dictature et l’absence des libertés. Et pour faire face à ces maux, il faut réaliser « Le compromis historique ». S’allier avec tous ceux qui veulent combattre pour arracher les droits politiques et les libertés. Gramsci, n’a-t-il pas appelé à un bloc historique avec l’église pour combattre la pauvreté dans le sud de l’Italie.

 

Effectivement, en islam il n’y a ni autorité religieuse équivalente au pape et au clergé, ni église. Est-ce pour autant, on doit conclure qu’on n’est pas concerné par la laïcité ?

 

L’islam, n’est pas une théocratie dans le sens ou le pouvoir est considéré comme venant directement de dieu, et exercé par ceux qui sont investis de l’autorité religieuse ( ce qui est le cas de l’Iran, ou le chiisme est religion d’Etat). Aussi le pouvoir n’est pas considéré comme une volonté populaire. En Islam le pouvoir (pas seulement le pouvoir politique, mais toutes autorités) est celui des Textes.

 

Donc pour ceux qui nous disent que la laïcité ne nous concerne pas. Puisqu’en Islam aucune autorité religieuse n’est reconnue officiellement. Nous leurs répondons que la laïcité qu’on appelle de nos vœux est celle de la séparation de l’Etat des TEXTES. Qui font office d’église en terre d’Islam.

 

Quant au « compromis historique » qui est revenu à la mode ces jours ci. Nous disons à ceux qui l’utilisent pour justifier leur alliance avec les islamistes. Regardez l’expérience iranienne. Que sont devenus aujourd’hui, tous ces mouvements progressistes et de gauche qui ont soutenu la révolution chiite ?

 

Notre incapacité de changer, de faire évoluer ou d’influencer le régime ne n’autorise pas une compromission dangereuse avec les courants rétrogrades. Chaque société a une valeur structurante à la quelle se référent  ses membres. Cette valeur peut être l Etat, La Religion ou la Culture.

 

Le peuple Tunisien d’avant l’ère coloniale n’avait ni confiance, ni estime pour l’Etat. Il le craint plus qu’autres choses. Aussi la religion savante, idéologique et entraînante, ne le mobilisait pas. Sa valeur structurante était sans doute la culture traditionnelle. La colonisation, n’a rien changé à cet état de fait, sinon un mépris de plus en plus important vis-à-vis de l’Etat.

 

Avec l’indépendance, et l’arrivé de l’élite nationale au pouvoir.

 

Une politique de développements humains a réussi à changer les mentalités. Le tunisien commence à croire à son pays, À son Etat. Il est devenu fier d’appartenir à cette patrie. Ce changement rapide et spectaculaire s’est réalisé grâce à une ferme volonté politique de changement et à l’adhésion sans faille des intellectuels. Désormais, on est tunisien avant tout. Chez nous on parle de la Nation Tunisie. Ailleurs c’est la Nation Arabe, ou Musulmane.

 

Aujourd’hui, cette valeur est menacée. Aucun compromis, aucune alliance n’est salvatrice que celle qui a pour objectif  de consolider, de protéger et de défendre la notion de citoyenneté.

 

 

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Publié dans democratiemaintenant

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