Tunisie- Pour l'amelioration des conditions de detention
Signé : BOUCHADEKH Abdessalem
Selon le Théologien Arabe Jawdet Saïd,qui puise sa philosophie d’un texte Coranique se basant sur l’histoire des deux fils d’Adam Qabil(Caïn) et Habil(Abel) « Raconte-leur l’Histoire des deux fils d’Adam telle qu’elle est arrivée. Chacun des deux frères, avait fait une offrande ; mais celle de l’un fut acceptée, alors que celle de l’autre ne le fut point. «Je te tuerai», dit ce dernier à son frère, qui lui répondit:
«Que veux-tu, Dieu n’accepte que les offrandes de ceux qui le craignent ! Et si tu potes la main sur moi pour me tuer, je n’en ferai pas de même, car je crains trop mon Seigneur, le Maitre de l’Univers, pour commettre un pareil crime ! »(Coran Sourat 5- Verset 27&28) ([1][2]).
Comme Indira Gandhi, disait Il est impossible au gouvernement même le plus despotique de rester au pouvoir autrement qu’avec l’accord des gouvernés. Il est vrai que le despote s’octroie toujours par la force le consentement du peuple. Mais aussitôt que les sujets cessent de craindre la force du tyran, son pouvoir s’effondre.
Chacun des deux grands se base de sa culture, le Premier Coranique et le second Indou, que nous respectons. Notre Prophète et guide suprême dit « Ne soyez pas des imitateurs , vous dites on est avec les gens , s’ils font du bien on les suit et s’ils font du mal on les suit ».
Partant de là, nous devons obliger la dictature tunisienne à céder aux revendications du Peuple Souverain par sa majorité, non par la violence qui serait suicidaire et salutaire pour les criminels du système, mais par la contrainte exercée par tous les tunisiens qui refusent de se soumettre aux lois discriminatoires et illégaux des autorités illégitimes.
Si la non-violence est une philosophie qui donne un sens à la vie, elle est aussi une force d’action. C’est une sagesse, mais qui doit s’incarner dans une action politique, au cœur du plus impitoyable conflit de notre histoire , celui entre la lumière et les ténèbres , entre l’évolution et la barbarie , entre la haine qui nous réduit en esclavage et notre libération. Elle ne disserte pas sur les injustices, elle les combat.
Pour tourner la page, la Tunisie de l’avenir
L’action est nécessaire parce que le dialogue, la persuasion et la conviction ne sauraient être des forces de contrainte. Bien entendu, il faut toujours tenter de dialoguer avec conviction, et sans aucune compromission, pour persuader la dictature du bien fonder de la cause que nous défendons. Mais dans le même temps, car l’histoire est ici têtue, il ne faut pas exclure la nécessité d’organiser des rapports de force pour contraindre, à défaut de convaincre, cette dictature de ben Ali qui est responsable de l’injustice.
L’action non-violente en Tunisie est plus que jamais nécessaire, elle trouve son fondement dans l’analyse des situations d’injustice qui oppriment les tunisiens d’aujourd’hui dans leur immense majorité. La force des injustices que nous fait subir la dictature repose sur l’obéissance, la complicité voire l’attentisme et la passivité des citoyens. Cette évidence des causes de l’oppression influe sur les réponses à apporter pour y mettre fin. La justice ne viendra pas tant d’un changement à la tête du pouvoir que du changement d’attitude du peuple responsable de sa propre servitude. ([2][3])
Le peuple doit jouer un rôle actif pour se libérer des chaînes qui l’entravent. Il est logique que si on ne donne rien aux pilates et piliers de la dictature tunisienne, à nos despotes et tyrans, si on ne leur obéit point veule ment , aveuglement et lâchement , sans combattre, sans frapper, sans aucune forme de violence , ils demeurent nus et défaits et ne sont plus rien que l’expression de leur propre haine , et déchéance
Quelle stratégie commune prendre ?
Comment mettre en place un régime démocratique dans lequel chacun acceptera totalement les règles du jeu ? Ceci concerne non seulement la façon d'accéder au pouvoir, mais la façon d'en user et de gouverner.
La démocratie n'est pas une dictature de la majorité prolétaire, ou capitaliste mais de citoyens égaux devant la Loi, émanant d’un Parlement élu démocratiquement, dans la transparence la plus totale en présence d’observateurs neutres.
C’est le droit de chaque citoyen, dans le respect des lois de la République, dans le respect des conventions internationales signées au nom de la Tunisie qui engagent l’Etat de Tunisie, depuis son indépendance à ce jour. Il existe deux types d'opposition, reconnue et non reconnue, l'impression de débandade de l'opposition, d'absence d'idées, de projets, de démarches militantes est persistante.
Nos réflexions sont basées simplement sur l'observation. D'abord, l'opposition, toutes tendances confondues, ne se parle pas assez.. C'est à dire qu'elle ne cherche pas à convaincre, à expliquer la situation et ce qu'elle pourrait proposer en échange.
Avec un discours passéiste, et des moyens de communication obsolètes et même les mots utilisés des années 50 plutôt qu'à une ligne politique d'avenir. Les mots sont importants. Il faut en finir avec les discours pré formatés qui ne sont pas différents des méthodes d'une certaine presse officielle. Il faut arrêter la langue de bois.
Certains qui vivent en exil veulent continuer à diriger un Mouvement qui est créé en Tunisie et pour la Tunisie, ils s’obstinent à refuser à remettre les reines du Mouvement à l’Intérieur, tout en mettant un droit de veto contre toute Réconciliation en Tunisie, en organisant des pseudos-congrès en Exil, pour se faire élire à la tête de ce mouvement avec 60% des voix de ceux qu’il a pu rassembler, afin de décider des destinées des militants ou ce qu’il reste. Nous les appelons à cesser de pratiquer la politique de l’autruche et voire les choses en face.
Cette direction perpétuelle d’Exil s’est engagé de continuer à ignorer les revendications légitimes de ceux qui prônent la Réconciliation Nationale, afin de tourner la page de la politique des uns et autres durant les années quatre-vingt-dix noires.
La Tunisie est confrontée à une situation inédite, un peuple victime d’un pouvoir sécuritaire et autoritaire, un Mouvement d’avant-garde dont ses membres sont victime d’une direction en exil, loin des aspirations de ses membres, loin de la réalité, dont les institutions sont nommés pour un tiers. Arrêter de se regarder le nombril et passons à une vitesse supérieure pour la mise en place de la démocratie.
Abdelkarim Harouni, en grève de la faim
L’ancien secrétaire général de l’UGTE(Union Générale Tunisienne des Etudiants), prisonnier politique Abdelkarim Harouni (45 ans) est en grève de la faim depuis le 9 juillet 2007 à la prison de Mornaguia à Tunis, incarcéré depuis 1991 et condamné à l’emprisonnement à perpétuité par le Tribunal militaire, pour appartenance à une association non reconnue, qui demande l’amélioration de ses conditions d’incarcération.
Il est affecté de pathologies nombreuses et graves dues à la mauvaise qualité de la nourriture et du refus des gardiens de lui remettre ce que sa famille lui ramène de denrées alimentaires en fonction de ses besoins, sans oublier la surpopulation, la propagation des maladies gastriques, le non-accès à un médecin ou l’impossibilité de faire pratiquer des analyses médicales.
Les conditions d’incarcération de plusieurs détenus d’opinion ont entraîné leurs décès au long de la dernière décennie.
Il est temps d’autoriser le retour de l’Union Générale Tunisienne des Etudiants (UGTE), et son dernier Secrétaire Général Najmeddine Hamrouni ,(réfugié en France) dans le cadre de la liberté d’organisation plurielle Estudiantine dont tout citoyen Tunisien a Droit..
Il est temps d’autoriser Hammadi Jebali, directeur de l’hebdomadaire «Al-Fajr» à la parution de son journal avec pour équipe de rédaction le journaliste Abdallah Zouari, Zied Doulatni, Moncef ben Salem et Ali Laaryedh, dans le cadre de la liberté d’expression dont tout citoyen Tunisien a Droit..
Nous rappelons notre attachement au Droit de circulation pour tout citoyen dont son président est frappé par la confiscation de son passeport par les autorités tunisiennes depuis le 19 Mai 1990, et la lutte contre les préjugés politiques ou idéologiques, et par l’acceptation de l’autre avec ses différences et lui donner sa place dans la société, dans le respect des valeurs identitaires et républicaines.
Nous rappelons que La Réconciliation Nationale pour laquelle nous nous battons ne peut se faire sans la libération de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés qui le désirent pour regagner leurs foyer familial.
Une Réconciliation n’est pas une trêve ou un armistice entre deux camps, fatigués de se guerroyer, mais plutôt l’aboutissement d’un cheminement intellectuel et politique des protagonistes, concluant à la nécessité de faire la paix.
Aucun changement n’est possible, sans un changement de nos comportements, vis à vis de nous mêmes et des autres.
Il est temps de tirer les leçons des sociétés antérieures, on doit accepter de perdre une bataille, mais la guerre pour les Libertés et la Démocratie pour tous sans exclusion continu. Sans désertion, il faut rester implanté sur le sol Tunisien quel que soit le prix.
Paris, le 15 Juillet 2007
A bientôt sur blog http://democratiemaintenant.over-blog.net
[1][2] Sorate N°5 La Table « Al-Mâïda » Versets N° 27 à 30
[2][3] - Article sous le titre «NON-VIOLENCE CONTRE BEN ALI Par Fadila»Archives : www.tunisnews.net - 6 année, N 2096 du 16.02.2006 - - - -