LUnion Méditerranéenne pourquoi faire
L’Union Méditerranéenne pourquoi faire ?
Signé : BOUCHADEKH Abdessalem
Noisy-Le-grand, le 22 juillet 2007
La visite du Président Français, Nicolas Sarkozy au Maghreb montre de sa part un intérêt particulier pour la région. Il a aussi voulu démontrer qu’il fait ce qu’il dit à propos de son projet d’Union Méditerranéenne annoncé pendant la campagne électorale présidentielle.
Pourquoi Monsieur Sarkozy a réservé ses contacts aux journalistes qui l’accompagnaient, et n’a pas jugé utile de répondre aux questions des journalistes tunisiens, confiant cette tâche l’Ambassadeur qui s’en est acquitté avec beaucoup de diplomatie.
Le président français n’a pas jugé utile à écouter les représentants de la société civile et de l’opposition, la visite étant préparée à la hâte ou cédé aux pressions du gouvernement tunisien afin d’éviter tout ce qui fâche.
Certes, on n’est pas tombé dans les excès du président Chirac qui déclarait en décembre 2003 que «le premier des droits de l’homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat.
De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est en avance sur certains autres pays», mais on est loin de la rupture annoncée avec l’ancien paternalisme.
Parler du « cheminement en progrès de la Tunisie vers la démocratie », n’est ce pas encourager et cautionner une politique du tout sécuritaire, en oubliant le nombre croissant de prisonniers politiques de plus en plus grand. Monsieur Sarkozy était il obligé de le faire ?
Quant à la question de fond, le projet d’Union Méditerranéenne, qui pourrait engager l’avenir de la région, rien n’a été dit qui puisse préciser les contours du projet et dissiper les inquiétudes.
L’idée est belle et ambitieuse certes dans le fond, mais que rapporte de plus par rapport au processus de Barcelone?
Pour réussir, il faut commencer par résoudre le problème principal dans la région du Moyen Orient par la Reconnaissance d’un Etat Palestinien Indépendant et souverain. Pour réussir, tout projet nous avons besoin de moyens assez incitatifs pour que des régimes, arrivent à privilégier la démarche collective et construire le Maghreb Uni dont nous avons toujours rêvé depuis des générations.
A titre d’exemple, les Etats-Unis ont investi l’équivalent de 125 milliards d’euros, pour la reconstruction de l’Europe entre 1947 et 1951. L’aide Euromed entre 1995 et 2005 n’a pas dépassé 20 milliards.
Il est évident pour que ce projet soit vivable et réalisable, il faut «qu’on se l’approprie des deux côtés de la Méditerranée», comment faire lorsque les sociétés sont marginalisées et privées du droit de participation ?
Ce qui nous renvoi à la question de la démocratie, qui est préalable à tout processus d’Union Méditerranéenne sérieuse et crédible. Pour s’unir, il faut partager les mêmes valeurs. Sinon, nous serons, confrontés au même problème de Sécurité et du Commerce qui plombent la situation depuis 1995.
Afflux de clandestins à Lampedusa
Que faire pour arrêter cette fuite continue de personnes candidats à l’immigration, une autre question demande réponse ?. Médecins sans Frontières, qui assure une présence à Lampedusa, a fait état de cas de gastro-entérite et de coups de chaleur constate que la situation "n'a rien d'exceptionnel", car elle survient désormais tous les ans.
Selon le HCR, le nombre total de clandestins arrivés à Lampedusa durant les six premiers mois de l'année 2007 est même en baisse de 50% par rapport à la même période de 2006. Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs naufrages qui ont fait officiellement au cours du mois de juin 2007 seulement, 77 morts et 133 disparus.
Le HCR s'est par ailleurs inquiété du sort de 24 clandestins débarqués à Tunis après avoir été secourus le lendemain dans le canal de Sicile par un bateau de pêche tunisien. Les membres de ce groupe, soupçonnés d'avoir tenté de détourner le bateau, sont menacés de poursuites et risquent une peine de dix ans minimum, selon une source portuaire à Tunis.
Pour la Tunisie de l’avenir
L’action est nécessaire parce que le dialogue, la persuasion et la conviction ne sauraient être des forces de contrainte. Bien entendu, il faut toujours tenter de dialoguer avec conviction, et sans aucune compromission, pour persuader la dictature du bien fonder de la cause que nous défendons. Mais dans le même temps, car l’histoire est ici têtue, il ne faut pas exclure la nécessité d’organiser des rapports de force pour contraindre, à défaut de convaincre, cette dictature de ben Ali qui est responsable de l’injustice.
L’action non-violente en Tunisie est plus que jamais nécessaire, elle trouve son fondement dans l’analyse des situations d’injustice qui oppriment les tunisiens d’aujourd’hui dans leur immense majorité. La force des injustices que nous fait subir la dictature repose sur l’obéissance, la complicité voire l’attentisme et la passivité des citoyens.
Cette évidence des causes de l’oppression influe sur les réponses à apporter pour y mettre fin. La justice ne viendra pas tant d’un changement à la tête du pouvoir que du changement d’attitude du peuple responsable de sa propre servitude. ([1][3])
Le peuple doit jouer un rôle actif pour se libérer des chaînes qui l’entravent. Il est logique que si on ne donne rien aux pilates et piliers de la dictature tunisienne, à nos despotes et tyrans, si on ne leur obéit point veule ment , aveuglement et lâchement , sans combattre, sans frapper, sans aucune forme de violence , ils demeurent nus et défaits et ne sont plus rien que l’expression de leur propre haine , et déchéance
Il est temps d’autoriser le retour de l’Union Générale Tunisienne des Etudiants (UGTE), et son dernier Secrétaire Général Najmeddine Hamrouni ,(réfugié en France) dans le cadre de la liberté d’organisation plurielle Estudiantine dont tout citoyen Tunisien a Droit..
Il est temps d’autoriser Hammadi Jebali, directeur de l’hebdomadaire «Al-Fajr» à la parution de son journal avec pour équipe de rédaction le journaliste Abdallah Zouari, Zied Doulatni, Moncef ben Salem et Ali Laaryedh, dans le cadre de la liberté d’expression dont tout citoyen Tunisien a Droit..
Le Droit de circulation pour tout citoyen garanti par la Constitution et dont je suis toujours privé, par la confiscation de mon passeport par les autorités tunisiennes depuis le 19 Mai 1990.
Il est temps de lutter contre les préjugés politiques ou idéologiques, par l’acceptation de l’autre avec ses différences et lui donner sa place dans la société, dans le respect des valeurs identitaires et républicaines.
Nous rappelons que La Réconciliation Nationale pour laquelle nous nous battons ne peut se faire sans la libération de tous les prisonniers politiques et le retour des exilés qui le désirent pour regagner leurs foyer familial.
Une Réconciliation n’est pas une trêve ou un armistice entre deux camps, fatigués de se guerroyer, mais plutôt l’aboutissement d’un cheminement intellectuel et politique des protagonistes, concluant à la nécessité de faire la paix.
Aucun changement n’est possible, sans un changement de nos comportements, vis à vis de nous mêmes et des autres. La Démocratie, les Droits de l’homme sont reliés au développement, attendent toujours d’être réalisés depuis longtemps.
Il est temps de tirer les leçons des sociétés antérieures, on doit accepter de perdre une bataille, mais la guerre pour les Libertés et la Démocratie pour tous sans exclusion continu. Sans désertion, il faut rester implanté sur le sol Tunisien quel que soit le prix.
Paris, le 22 Juillet 2007
A bientôt sur blog http://democratiemaintenant.over-blog.net
[1][3] - Article sous le titre «NON-VIOLENCE CONTRE BEN ALI Par Fadila»Archives : www.tunisnews.net - 6 année, N 2096 du 16.02.2006 - - - -